
La pluie ne change pas ce qu'il y a à faire dans une ville européenne, elle change l'ordre dans lequel on le fait. Encore faut-il savoir ce qui est réellement affecté — la liste est plus courte qu'on ne l'imagine en regardant par la fenêtre.
Le tri est net et il tient à l'équipement, pas au confort. Ce qui saute, ce sont les bateaux à pont ouvert, le vélo, les activités nautiques, le kayak, les visites de jardins et de sites archéologiques sans abri, et tout ce qui se déroule autour d'une table dehors. Tout le reste — c'est-à-dire la grande majorité de ce qui se réserve dans une ville — se déroule exactement comme prévu. Un organisateur annule pour cause d'orage ou de vent, rarement pour de la pluie.
Ce sont les mêmes catégories partout, et elles représentent l'essentiel du catalogue d'une grande ville.
C'est le réflexe d'annulation le plus fréquent et le plus regretté. Une visite guidée de deux heures sous une pluie fine se fait très bien avec une capuche, et elle se fait dans une ville que les autres ont désertée : groupes plus petits, places vides, files inexistantes. Berlin en est l'exemple extrême — l'essentiel de ce qui s'y visite est en intérieur, en souterrain, ou assume ouvertement de se faire dans le froid. Le seul vrai critère est la durée : trois heures dehors sous l'averse, c'est long ; deux heures, c'est une anecdote.
Beaucoup de bateaux de ville disposent d'un pont couvert et naviguent par tous les temps ; d'autres sont entièrement ouverts et deviennent un mauvais souvenir. La différence ne se devine pas sur la photo de l'annonce, qui a été prise un jour de soleil. Elle se lit dans la description, et c'est l'une des rares vérifications qui vaut vraiment la peine d'être faite avant de réserver un jour de mauvais temps.
C'est l'argument le plus solide contre le fait de tout réserver à l'avance. Une prévision à trois jours est une hypothèse ; à trois heures, c'est un fait. Garder ouvertes les activités qui restent disponibles tard — visites à pied, ateliers, dégustations, marchés — permet de choisir en connaissance du ciel plutôt que de subir un choix fait la semaine précédente. Les seules exceptions restent les sites à créneau horodaté, qu'il faut prendre à l'avance quoi qu'il arrive, et qui sont de toute façon à l'intérieur.
Il faut le savoir avant de compter dessus : la pluie n'ouvre presque jamais un droit particulier. Ce qui s'applique est la politique d'annulation de l'annonce, la même qu'un jour de soleil, avec son délai et sa part remboursée. Quand c'est l'organisateur qui décide d'annuler pour des raisons météo — orage, mer trop forte, alerte —, la règle est le remboursement intégral. La distinction entre les deux cas est celle qui compte, et elle ne dépend pas de vous.